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Le Hazard

The Sociolinguistics of Interlingual Communication
par
Eugene Nida



Foreword by

Christian Balliu

version française

Eugene A. Nida works as a consultant for the prestigious American Bible Society, which he joined in 1943 and for which he served as Executive Secretary of the Translations Department. From 1970 to 1980 he took on duties as Translations Research Coordinator of the United Bible Societies. His publications, which analyze the innumerable translation problems he has encountered, span some 45 years. Nida's best-known work, the fruit of twenty years' research, is without a doubt Toward a Science of Translating (1964), in which he already discussed his three-stage model of the translation process: analysis, transfer and restructuring. He also elaborates his concept of dynamic, as opposed to formal, equivalence, distancing himself from comparative linguistics, whose exponents, define translation as finding correspondences in surface structures.

For Nida, meaning thus has primary over form. A narrowly formal approach can obscure the importance of the cultural context of the source text, i.e. the text's underlying sociolinguistic features, and impede cross-cultural communication. Translation is thus more than merely a linguistic enterprise; it attempts to bring together two ethnographically different worlds. In a sense, Nida has followed in the intellectual footsteps of Sapir and Malinowski in the belief that effective communication does not result from the linguistic element alone, as in a wider setting no two languages can ever fully represent the same reality, whether that reality be material, social, ecological or religious.

In his work, theory unfailingly relates to practice. As early as 1969, in The Theory and Practice of Translation (with Charles Taber), Nida dropped the phrase target language for receptor language, clearly signalling that a third actor was to be included in the conventional author-translator paradigm: the reader, the sole judge of a translation's validity. This conviction, which some have labelled behaviorist, is shared by Savory, Margot and Cary, among others.

Nida's conclusions, which are drawn almost exclusively from his experience in Bible translation, are based on a systematic study of translation difficulties in hundreds of different languages. They clearly reflect his concern to bring out the importance of sociolinguistic factors in the translation process - a lesson all too often ignored in the past.

It can reasonably be said that Nida's work has ushered in a new age of translation theory, one which Steiner has described as " hermeneutic, almost metaphysical ". No longer will translation theory be dominated by linguistics; indeed, modern theory hinges upon research conducted in a number of sciences, namely sociology, psychology, anthropology and neurolinguistics.

In his decades of work with the American Bible Society, Nida has conducted field surveys, research, and training programs while revising new translations of the Bible. He has authored or co-authored more than 35 books and 250 articles on linguistics, cultural anthropology, and semantics, after working with linguists as prominent as Bloomfield and Sapir. His work has taken him to 85 countries, allowing him to examine various aspects of linguistics and translation in over 200 languages and cultures. His publications remain required reading in the most reputed translation institutes throughout the world.

ISTI was greatly honored to welcome Dr. Nida in Octobre 1994, when he opened the 1994-1995 academic year with his lecture on the sociolinguistics of intercultural communication. During his week-long stay at ISTI, Dr. Nida gave five workshops on translation practice and theory, sharing his invaluable experience in the field of Bible translation with students and teachers while describing some of the more exciting developments in recent research. We were deeply grateful that, after a forty-six-year absence from Belgium, Dr. Nida chose to come to ISTI, a gesture which we believe testifies to the 40 years of quality instruction we have tried to provide at our institute.

The Sociolinguistics of Interlingual Communication, the Editions du Hazard's first publication, is a synthesis of the lectures Dr. Nida delivered during his stay at ISTI. The text has been revised by the author himself, to whom I wish to extend my heart-felt gratitude not only for the care given to this book but also for his trust and friendship. Students of translation will undoubtedly appreciate Dr. Nida's richly documented and extremely clear approach to the translation process, - one which brings out the crucial importance of sociocultural factors in interlingual communication.



Préface par
Christian Balliu

English version

Eugene A. Nida était directeur des services de traduction de la prestigieuse American Bible Society, à laquelle il fut associé dès 1943 et dont il est aujourd'hui encore conseiller. De 1970 à 1980, il a dirigé le Département de recherche en traduction des United Bible Societies. Les innombrables problèmes de traduction rencontrés dans son travail ont été analysés dans une série d'articles et autres publications à partir de 1951. Son ouvrage le plus célèbre est sans conteste Toward a Science of Translating, publié en 1964 et qui est l'héritage d'une réflexion de plus de vingt ans. Y sont déjà exposés le modèle tripartite de traduction (analyse, transfert, restructuration) et la notion d'équivalence dynamique, en rupture avec l'équivalence formelle et les comparatistes pour qui la traduction est un rapprochement d'éléments de surface.

Nida parie donc sur la primauté du sens par rapport à la forme, les éléments formels étant susceptibles d'entraver la juste compréhension des faits de culture, c'est-à-dire de la trame sociolinguistique qui sous-tend le texte original. La traduction dépasse dès lors le champ strictement linguistique pour relier deux mondes ethnographiques. Nida peut ainsi être considéré comme un héritier de Sapir et Manilowski, puisque le ciment trop friable de la seule linguistique tend à se dissoudre dans un creuset culturel plus large, qu'il soit matériel, social, écologique ou religieux.

Le lien est donc indéfectible entre théorie et pratique et Nida a dès 1969, dans The Theory and Practice of Translation, ouvrage publié avec Charles Taber, abandonné l'expression target language au profit de receptor language, introduisant ainsi aux côtés du couple traditionnel auteur-traducteur un troisième partenaire dans l'acte de traduction, à savoir le lecteur, en fin de compte le seul dépositaire de la qualité d'une traduction. Ce credo, que d'aucuns ont qualifié de "behavioriste", est aussi à l'honneur chez Savory, Margot et Cary pour ne citer qu'eux.

Si les conclusions de Nida se fondent presque exclusivement sur l'étude de la Bible, elles ont toutefois le mérite de systématiser les difficultés rencontrées au contact de plusieurs centaines de langues-cible et d'insister sur la prévalence des facteurs sociolinguistiques dans tout processus de traduction, ce qui est par ailleurs une des grandes leçons trop souvent méconnue de l'histoire de la traduction.

On peut raisonnablement affirmer que Nida a inauguré la phase contemporaine de traductologie, qualifiée par Steiner de courant "herméneutique, presque métaphysique", en sonnant le glas de la modélisation proprement linguistique pour s'installer à la charnière des recherches menées en sociologie, en psychologie, en anthropologie et en neurolinguistique.

Nida a déployé pendant plusieurs dizaines d'années, dans le cadre de sa collaboration avec la American Bible Society, de multiples activités, qu'il s'agisse d'enquêtes sur le terrain, de recherches, de programmes de formation ou de révision de nouvelles traductions de la Bible. A l'occasion de ces travaux, il a écrit, seul ou en collaboration, plus de 35 livres et plus de 250 articles sur la linguistique, l'anthropologie culturelle et la sémantique, après avoir côtoyé des personnages aussi illustres que Bloomfield et Sapir. Il a pu de la sorte visiter plus de 85 pays, où il lui fut donné d'aborder des problèmes linguistiques et traductionnels relatifs à plus de 200 langues et cultures. Ses ouvrages restent des références essentielles dans tous les grands Instituts de traduction du monde.

L'ISTI a donc été particulièrement honoré d'accueillir Eugene Nida lors de l'inauguration de l'année universitaire 1994-1995. Il y a prononcé une conférence sur le thème The Sociolinguistics of interlingual Communication et y a animé cinq séminaires sur la théorie et la pratique de la traduction. Les professeurs et les étudiants ont ainsi pu bénéficier de sa grande expérience en la matière ainsi que des développements récents qu'il a su imprimer à ses recherches. Ce privilège est encore rehaussé lorsque l'on sait que Eugene Nida n'était plus venu en Belgique depuis 1948. Le choix de l'ISTI pour son "retour" traduit son estime pour la qualité du travail qui y est mené depuis bientôt 40 ans.

Ce premier numéro des Editions du Hasard reprend la synthèse des conférences prononcées par Eugene Nida à l'ISTI. Le texte a été réagencé et réécrit par l'auteur lui-même, que je tiens à remercier tout particulièrement pour la diligence et le soin apportés à cette version écrite, ainsi que pour les marques de confiance et d'amitié qu'il m'a toujours manifestées. Le lecteur intéressé par l'opération traduisante sera séduit par une vision extrêmement claire, concrète et documentée des processus qui président à tout acte de traduction. Il comprendra l'importance capitale des facteurs socioculturels dans la communication interlinguistique.



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